
#SantéSexuelle #Prophylaxie #Aftercare
Notre corps est une immense coloc’…
Nous ne sommes pas seul(e)s… et c’est normal !
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Ce qu’il faut se remettre en tête, c’est qu’une cystite, ce n’est pas “une méchante et mauvaise bactérie venue des enfers 👿 qui aurait réussi à se frayer un chemin vers la blanche et pure colombe qu’est notre appareil urinaire 🕊️”.
Car, chose que l’on a tendance à oublier puisque non visible à l’œil nu (loin des yeux, loin de la mémoire ?), c’est qu’il n’existe quasiment aucun endroit du corps qui soit dépourvu d’immenses colonies de bactéries (et autres micro-organismes). Le corps humain héberge environ autant de bactéries… que de cellules humaines ! Eh oui, il est facile de l’oublier, mais nous sommes loin d’être seul·e·s dans ce corps qui est le nôtre… et c’est tout à fait normal, sain, voire indispensable à notre fonctionnement biologique.
Un microbiote ? DES microbiotes !
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Ces micro-organismes se répartissent en ensembles que l’on appelle des microbiotes :
- micro- : vient du grec mikros, qui signifie « petit ».
- -biote : vient du grec bios, qui signifie « vie ».
Le terme “microbiote” désigne donc l’ensemble des « petites vies » (micro-organismes) vivant dans un environnement donné.
Et quand cet environnement, c’est le corps humain…? Eh bien il héberge plusieurs microbiotes distincts et différents, chacun colonisant une zone spécifique du corps.
Les principaux sont :
- Le microbiote cutané : Il recouvre toute la surface de la peau. Sa composition varie selon la zone (grasse, sèche, humide).
- Le microbiote buccal : Situé dans la cavité buccale (dents, gencives, langue), il comprend des centaines d’espèces bactériennes essentielles pour la santé des dents et des gencives.
- Le microbiote respiratoire : Il colonise les voies respiratoires (nez, gorge, poumons). On peut noter des différences entre les voies respiratoires supérieures (nez, gorge) et basses (poumons).
- Le microbiote intestinal : C’est le plus étudié, le plus abondant et le plus diversifié, situé principalement dans le côlon. Plusieurs bactéries y sont indispensables pour le processus de digestion, de production de vitamines, de protection contre les intrus pathogènes etc.
- Le microbiote périnéal : Cette région, située entre l’anus et les organes génitaux externes, abrite une communauté microbienne composée principalement de bactéries provenant du microbiote intestinal et du microbiote cutané. La composition de ce microbiote est influencée par plusieurs facteurs, notamment le sexe, l’hygiène, l’activité sexuelle et l’âge.
- Le microbiote vaginal : Il colonise naturellement le vagin. La composition de ce microbiote varie selon le cycle menstruel, le stade hormonal (prépubère, enceinte, ménopausée…), les relations sexuelles et l’âge.
- Le microbiote pénien : La surface du pénis (gland, corps du pénis, et surtout l’espace sous le prépuce chez les personnes non circoncises) abrite une communauté microbienne complexe, dominée par des bactéries de la peau et des bactéries provenant de l’urètre ou de l’anus.
- Le microbiote urinaire : Longtemps pensées comme des zones stériles, la vessie et l’urètre accueillent en réalité elles aussi un microbiote, certes moins dense que le microbiote de l’intestin, mais bien présent et fonctionnel !
Chacun de ces microbiotes va être composé d’espèces bactériennes différentes : les bactéries présentes dans le colon ne seront globalement pas les mêmes que celles vivant à la surface de la peau, ou dans le vagin, ou encore dans la vessie.
Pour imager, chaque “clan” de micro-organismes va avoir des individus différents et/ou une proportion d’individus différente.
D’une présence normale et saine à une présence problématique
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Ces bactéries, lorsqu’elles sont :
- dans leur habitat normal,
- et dans leurs proportions naturelles par rapport aux autres bactéries,
sont soit commensales (= elles vivent avec nous sans nous nuire, pouvant même jouer un rôle de protection), soit symbiotiques (= nous nous entraidons mutuellement, par exemple indispensables au processus de digestion).
Elles (pas toutes, mais la plupart) ne deviennent problématiques que :
- lorsqu’elles changent d’endroit (lorsqu’elles arrivent d’une manière ou d’une autre dans un tissu organique qui n’est pas le leur) ;
- et/ou qu’elles deviennent proportionnellement trop nombreuses (si leur présence à cet endroit n’est pas forcément en soit un problème, leur nombre peut en revanche l’être).
C’est ce que l’on appelle des bactéries opportunistes : elles vont profiter de la moindre occasion pour prendre le dessus et se développer.
Pas dans le but de causer des problèmes (si l’environnement leur tend la perche pour devenir “le maître du monde”, alors elles la saisissent, tout simplement !), mais les problèmes sont un effet secondaire de leur “prise de pouvoir” (oupsi !).
Voici 2 exemples, en dehors de la zone urinaire, pour comprendre que c’est un principe général et commun à tout l’organisme :
- Une bactérie de la gorge qui se retrouve dans les poumons : Streptococcus pneumoniae vit dans les voies respiratoires supérieures. S’il descend dans les poumons et que le contexte lui permet de s’y développer et de prendre le dessus, il cause une pneumonie.
- Une bactérie de la peau qui se retrouve dans le sang : Staphylococcus aureus (le staphylocoque doré) vit pacifiquement sur la peau ou dans le nez d’un tiers des humains. S’il pénètre dans le sang à la faveur d’une plaie ou d’une chirurgie, il peut provoquer une septicémie (infection généralisée) ou s’attaquer aux valves du cœur (endocardite).
Et la cystite, dans tout ça ?
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La cystite, d’un point de vue médical, c’est une inflammation de la vessie.
Dans la majorité des cas, cette inflammation est liée à une infection bactérienne.
Dans plus de 80 % à 90 % des cas, la responsable d’une cystite est la bactérie Escherichia coli (ou E. coli).
⚠️ Attention :
MAIS il n’est pas rare d’avoir des cystites qui ne sont PAS infectieuses (abactériennes). Ces dernières peuvent être causées par des problèmes qui n’ont rien à voir avec les infections bactériennes (cystites radiques, cystalgies, cystites interstitielles…).
→ Ce n’est pas parce qu’il y a des symptômes qu’il y a une infection bactérienne. Certaines infections urinaires sont dues à autre chose que des bactéries, et dans ce cas, les antibiotiques ne sont PAS ce qu’il faut. Ma série d’articles ne traitera pas de ces cas abactériens, car plus spécifiques et moins courants.
Pour rappel, la vessie n’est pas un environnement stérile : y vivent des bactéries qui y sont naturellement présentes. Elle possède son propre microbiote bactérien .
→ Ce n’est pas parce qu’on trouve des bactéries (au sens large) dans les urines qu’il faut s’automédiquer avec des antibiotiques : comme on l’a vu, l’urine n’est pas exempte de bactéries, cela peut être une présence normale et naturelle.
⇒ Un test disponible en pharmacie (bandelettes urinaires) permet de détecter la présence anormale de la bactérie E.coli (responsables majoritaires) et de globules blancs (signe d’infection).
Pour les infections urinaires, le principe est le même qu’expliqué précédemment :
- La vessie possède un microbiote naturellement équilibré et protecteur. À noter, les personnes à pénis et les personnes à vulves n’ont pas le même microbiote urinaire.
- L’anatomie des personnes à vulve, caractérisée par un urètre court et une proximité immédiate avec les réservoirs bactériens (naturels et nécessaires, je le répète !) vaginaux et rectaux, favorise une interconnexion étroite entre ces zones.
- La bactérie prédominante dans le microbiote urinaire de la femme (en bonne santé, dans un état hormonal moyen) est le genre “Lactobacillus “ (il est aussi prédominant dans le microbiote vaginal. Coïncidence ? Non ! Le microbiote urinaire et le microbiote vaginal présentent plusieurs points communs de par leur proximité et leur interconnexion).
- La présence (en faible quantité) de la bactérie E.coli (qui se trouve naturellement dans le microbiote intestinal) peut aussi être observée dans la vessie chez un individu sain, sans cystite !
- E.coli étant une bactérie opportuniste, celle-ci (soit déjà naturellement présente, soit arrivée d’une manière ou d’une autre dans la vessie) va commencer à prendre ses aises si l’environnement le lui permet (nous verrons plus tard comment). Et qui dit prise de pouvoir déséquilibrée / déséquilibrante, dit effets secondaires pathologiques : la cystite !
E.coli n’est pas la seule bactérie susceptible d’être responsable d’une cystite. Mais statistiquement, c’est la plus fréquente. Pour rester buvable, je concentrerai ma série d’articles sur le cas E.coli. Mais les principes qui seront mis en lumière sont aussi valables pour les autres types de responsables bactériens.
⇒ Dans le prochain article, nous approfondirons la notion d’équilibre entre les populations de bactéries, et nous irons faire connaissance un peu plus intimement avec E.coli, mais aussi avec Lactobacillus et leurs milieux de vie respectifs : l’appareil digestif et l’appareil uro-génital…
⚠️ Avertissement / Disclaimer : Je ne suis ni médecin, ni microbiologiste, ni professionnelle de santé. Les sujets de santé et le fonctionnement du corps humain sont complexes, et cette série d’articles n’a absolument pas la prétention de donner des diagnostics, des explications exhaustives ou des solutions miracles. Je ne suis qu’une personne directement concernée qui partage le fruit de ses recherches personnelles et de ses expériences, sans garantie de résultat. Ces contenus sont proposés à titre informatif et ne remplacent en aucun cas l’avis, le diagnostic ou le traitement d’un professionnel de santé. Je vous invite à ne pas prendre ces articles comme des prescriptions, mais comme des pistes de réflexion à explorer, et à toujours consulter un médecin ou un urologue pour toute question relative à votre santé.
Et si vous constatez des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part pour que je mette l’article à jour !
