Cystites et sexualités Kinky : comprendre pour ne plus subir #1
Publié le : 3 mai 2026

#SantéSexuelle #Prophylaxie #Aftercare

Il est de notoriété publique que les cystites, aussi appelées infections urinaires, touchent une grande partie des personnes de sexe féminin :

  • 1 femme sur 2 est concernée par au moins un épisode au cours de son existence.
  • 1 femme sur 4 déclare une cystite chaque année.
  • Près de 2 millions de femmes en France souffrent d’infections urinaires à répétition.

Un petit mot sur le vocabulaire et l’inclusivité : j’utiliserai le mot « femmes » pour la fluidité du texte, mais quelle que soit leur identité de genre, ces lignes s’adressent à toute personne possédant une vulve et concernée par ces problématiques (et leurs partenaires de jeu !).

Et pourtant, c’est un sujet que je vois rarement abordé, représenté, discuté, lorsque l’on parle de sexualité. Comme un “souci de fille” dont on tairait l’existence par pudeur, une “défaillance” physique que l’on affronte seule une fois le partenaire reparti.

Que dire de la culture du porno, qui construit l’imaginaire (et les pratiques) de beaucoup, et qui montre sans disclaimer des va-et-vient entre anal et vaginal, des doubles pénétrations enflammées, des doigtages intenses ? Ces vidéos me font toujours grincer des dents, moi qui ne connais que trop bien cette épée de Damoclès que sont les infections urinaires post-sexe, et les risques (très) aigus que représentent ces pratiques.

L’univers du kink ou du libertinage n’est pas en reste, en ce qui concerne le manque de communication à ce sujet. Si les concepts de free use ou de sexe à plusieurs peuvent en faire fantasmer plus d’un.e, la question des cystites et autres infections uro-vaginales (autres que les IST) est la grande absente des recommandations et des points de vigilance à prendre en compte dans ce type de pratiques où la pénétration est abondante.

En tant que femmes sujettes aux cystites, oui on fantasme, oui on veut vivre une sexualité aussi débridée que notre corps et notre esprit en ont envie, mais… il y a cette voix beaucoup trop réaliste, qui nous rappelle ce qui nous plane au-dessus de la tête en permanence et nous gâche notre sexualité en secret.

Par la peur, par la douleur qui arrive sans que l’on sache pourquoi, par l’impuissance de ne pas savoir comment.

Alors oui, on en parle aux médecins, aux pharmaciennes, on regarde des articles sur internet. Toujours les mêmes conseils : “urinez après un rapport”, “il paraît que le cranberry c’est bien”, “ne portez que des culottes en coton”, “est ce que vous buvez suffisamment ?”…
Des conseils de surface, qui n’expliquent rien, et résolvent encore moins.

Car on s’y retrouve encore, sur la cuvette des toilettes, à avoir l’impression de crever.
À se culpabiliser : qu’est-ce que j’ai mal fait, cette fois-ci ?
À se dire que de toute façon, “c’est comme ça”, car il est de notoriété publique que les femmes y sont sujettes, et puis voilà.
Croiser les doigts à chaque fois, souffrir dans le secret et la solitude de la nuit qui devient interminable, s’enfiler des antibiotiques plusieurs fois par an, et surveiller pendant plusieurs jours avec des sueurs froides les premiers symptômes après chaque rapport.

On aimerait le sexe joyeux, libre, aussi décomplexé que dévergondé.
Malheureusement, il ne l’est pas, et la peur glaciale est la compagne inséparable de notre désir brûlant.

Ce qui me gêne, ici, c’est le manque de visibilité de ce sujet, notamment dans l’univers du kink / BDSM. Cela fait un petit bout de temps que j’écume les contenus éducatifs dans cet univers, et jusqu’à présent, je ne suis tombée sur aucune mention de ce souci de santé pourtant si courant.
La protection contre les IST, oui, heureusement c’est un sujet qui est abordé de plus en plus.
Mais les infections uro-génitales (non liées aux IST) ? Nada.

Évidemment, face à ce désert d’information, tentante est la croyance que “ce n’est que moi, personne d’autre n’a ça…”.
Tentante est l’envie de taire encore plus cette “contrainte personnelle”.
Tentante est la honte des protocoles sanitaires qu’il faudrait suivre, et que l’on préfère parfois zapper de peur de “casser l’ambiance”.
Pour ne pas être la partenaire avec qui c’est contraignant.
Pour ne pas être celle avec qui le sexe n’est pas léger, simple, naturel.

Ce qui me gêne, aussi, c’est le manque de pouvoir personnel que nous avons sur le sujet. Sur notre propre corps. Un “c’est comme ça et puis voilà” auquel je ne suis plus sûre de vouloir adhérer.

“On ne peut agir efficacement que sur ce que l’on comprend”

Alors me voici ici, à chercher à comprendre, pour savoir comment agir.
Et quitte à faire pas mal de recherches, autant les partager.

Pour les femmes en recherche de compréhension et de pistes de solutions.
Pour les partenaires aussi : ceux qui sont au courant, mais ne savent pas comment aider. Et ceux qui ne se doutent encore de rien, mais qui auront envie d’aider à prendre soin.

⚠️ Avertissement / Disclaimer : Je ne suis ni médecin, ni microbiologiste, ni professionnelle de santé. Les sujets de santé et le fonctionnement du corps humain sont complexes, et cette série d’articles n’a absolument pas la prétention de donner des diagnostics, des explications exhaustives ou des solutions miracles. Je ne suis qu’une personne directement concernée qui partage le fruit de ses recherches personnelles et de ses expériences, sans garantie de résultat. Ces contenus sont proposés à titre informatif et ne remplacent en aucun cas l’avis, le diagnostic ou le traitement d’un professionnel de santé. Je vous invite à ne pas prendre ces articles comme des prescriptions, mais comme des pistes de réflexion à explorer, et à toujours consulter un médecin ou un urologue pour toute question relative à votre santé.

Et si vous constatez des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part pour que je mette l’article à jour !

Texte par : Emmanuelle