
#Restriction #SafeWords #PublicPlay
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Trop absorbée par la route, j’en avais oublié l’heure.
Depuis la pause de ce midi, nous avions eu le temps de quitter la côte pour nous enfoncer dans les terres. Les forêts se suivaient et se succédaient par la fenêtre, et ce fut le ralentissement et le bruit soudain du clignotant qui me sortirent de ma torpeur. Me redressant vivement, mon regard interrogateur et surpris ne rencontra que son profil, obstinément concentré sur le chemin de terre et de graviers sur lequel il nous avait engagé. Ma surprise le fit pourtant sourire, d’un petit air joueur et sadique.
— Tu avais oublié, n’est-ce pas Princesse ?
J’eus alors un flash. L’entrainement !
Six heures avaient passé depuis la dernière session. C’était déjà l’heure de la suivante…
Lorsque le camion s’arrêta enfin sur le bord du chemin, j’attendis, patiemment. Je savais que je n’avais pas le droit de me lever sans en avoir eu l’autorisation.
Sortant du véhicule, il prit un temps pour fouiller à l’arrière, avant de venir ouvrir ma portière. Qu’avait-il choisi cette fois-ci ?
Je ne m’attardais pas sur la question, je le découvrirai bien assez vite…
Passant son large bras au-dessus de moi, il décrocha ma ceinture, avant d’empoigner ma laisse. À ce stade de notre relation, cette longe était désormais rarement sous tension. J’avais appris à synchroniser mes déplacements sur les siens. Mon corps savait le suivre à l’instinct.
Ce midi, il m’avait allongée sur un énorme rocher, agréablement chauffé par le soleil. Ici, dans cette forêt dense baignée par la lumière de fin de journée, il me faudrait certainement rester debout…
※※※
— Comment tu te sens ?
Je sentis sa voix dans mon cou plus que je ne l’entendis. Finissant son dernier nœud, il était venu se camper calmement derrière moi, un bras tendrement enroulé autour de mon corps. Ainsi enveloppée, je me sentis lâcher, un premier cran.
Je fermais les yeux, et ma respiration ralenti instantanément.
Sécurité.
— Bien… J’aime la manière dont tu m’as attachée… Je me sens bien…
Debout, dos à lui, il m’avait fait croiser les bras sur ma poitrine. Chaque poignet étant attaché à un tronc opposé, je me sentais à la fois vulnérable, car incapable de bouger, mais aussi apaisée par cette étreinte que je me donnais à moi-même, et dans laquelle je pouvais me laisser aller.
— Quelles sont les couleurs, Princesse ?
— … Vert… Jaune… Orange… Rouge…
— C’est bien.
Il conclut notre échange par un baiser tendre et complice sur ma joue qui me fit sourire de bien-être. Sa main caleuse effleura mes fesses nues. Des retrouvailles entre deux peaux, un dialogue sans mots mais chargé de sens.
Rapidement, la sensation fût différente. Ce n’étaient plus ses doigts qui courraient sur ma peau, mais des lanières de cuir souple.
Le martinet… J’avais donc la réponse à ma question.
Les nombreux brins dansaient, frôlaient, glissaient, hérissant ma peau de plaisir.
Éveil. Anticipation.
Puis…
Appréhension.
Il n’avait encore jamais utilisé le martinet sur moi. Quelles étaient ses intentions ? Saura-t-il se souvenir que la douleur ne fait pas partie de mon terrain de jeu ? Un instant, et mon souffle se fit plus court. J’allais rouvrir des yeux inquiets lorsqu’il posa sa main sur ma hanche, me rappelant qu’il était là, avec moi.
Pas n’importe qui.
Lui.
Confiance.
Lui et son amour pour moi. Lui et son respect pour moi. Lui et sa connaissance de moi. Lui, et nos nombreuses discussions à têtes reposées et à corps tendrement enlacés. Lui… et Moi.
Je lâchais alors, un second cran. Plus profondément. La tête oscillant à présent doucement sur ma poitrine. Le souffle de nouveau calme. Je cambrais subtilement les reins, signe de mon assentiment curieux, ouvert, joueur.
Je savais que lui comme moi, nous ne laisserions pas les choses aller au-delà.
Il savait demander, je savais exprimer.
Je pu presque l’entendre sourire. Mon oui avait été reçu.
Mon corps était maintenant à lui…
Texte par : Emmanuelle.
Garantis sans IA mais pas sans coquilles. Des fragments de rêves, d’imagination, de souvenirs, de fiction ou de réflexions. Merci de respecter la propriété intellectuelle de mes écrits.
